"le Bonheur est salutaire pour les Corps, mais c'est le Chagrin qui développe les forces de l'Esprit."

"le Bonheur est salutaire pour les Corps, mais c’est le Chagrin qui développe les forces de l’Esprit."
moi par moi, 13/8/9

l'Art s'accouche dans la Douleur...

modèlephotographe


octobre 2009: Je pars d'ici...

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 16:25

Modifié le mardi 03 novembre 2009 02:41

- 7 - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 19 - 20 - 22 - 24 - 25 - 26 - 28 - [octobre 2007]

||S|| ||O|| ||S||

||7 octobre||

Un ouragan vient de s'abattre sur moi et de tout dévaster...
Pour ce qu'il restait à dévaster.
Mon monde s'est écroulé. Tout a explosé.
Mon corps, mon âme et mon coeur se déchirrent.
Des personnes proches, que je croyais des ami(e)s m'ont déçue, m'ont enfoncée au-lieu de m'aider,
ont jugé, se permettent de décider pour moi, de divulguer des informations...
J'étais seule, enfermée dans la bulle que je m'étais créée.
Mais j'ai réussi, petit à petit, à m'en sortir, avec eux, vous.
Aujourd'hui je préfère retourner dans ma bulle que de supporter cela.
Par Amour et/ou par Amitié j'ai été capable et suis encore capable de beaucoup de choses,
de pardonner l'impardonnable.
. Gardez votre hypocrisie et votre venin pour vous .

||S|| ||O|| ||S||

||9 octobre||

Il est entre 4 murs.

Je suis chez mes parents.


||S|| ||O|| ||S||

||10 octobre||

Venez me remplir d'eau, je n'ai plus de larmes...
Deux heures d'interrogatoire.


||S|| ||O|| ||S||

||11 octobre||

"Ici commence la nuit noire de l'âme..."
Rien
n'est fini.
Ce n'est que le début.
De la fin ?...
Pourquoi ?
Qui aurait pu penser ça ?
Comment peut-on à ce point se tromper sur les gens ?
Comment des gens peuvent-ils à ce point se conforter dans leur erreur ? Au prix de vies ?
J'ai tellement peur, tellement mal...
Ma maladie profite de ce moment de faiblesse et d'abattement pour reprendre le dessus.
J'ai mal partout, je me vide, je perds mes forces et des grammes durement gagnés.


||S|| ||O|| ||S||

||12 octobre||

J'ai besoin d'aide.
Où la trouver désormais ?
Dans ma solitude retrouvée ? Dans ma bulle reformée ?
Quelle est cette mascarade ? Qu'attend-t-on de moi ?


||S|| ||O|| ||S||

||13 octobre||

Je crêve. Je sombre. Je suis seule face à ce monde de merde.
Journée terrible, à m'enfoncer de plus en plus, malgrè tous mes efforts
pour tenir le coup, pour résister, pour tenter de supporter...
Impossible d'avancer en sachant que tout est perdu.
Et je sais déjà que lundi je ne serai peut-être plus là, j'irai peut-être le rejoindre entre 4 murs.


||S|| ||O|| ||S||

||14 octobre||

Une douche brulante. A en suffoquer. Celles qui me font tant de bien depuis quelques semaines. Tant de mal aussi. Je tourne le robinet lorsque la vapeur brulante m'empêche de respirer.
J'ai recommencé à lire depuis quelques temps et même si ce n'est pas gai,
ça fait du bien quelque part.
Dois-je continuer à avancer, malgrè tout, ou attendre, inerte, que le couperet retombe ?...
Une nuit de merde et de cauchemars que j'espèrais ne plus refaire dorénavant.
"Longues insomnies. Putain d'infamie."
Impossible de penser à autre chose. Ca hante mes nuits et mes journées.
Ca rongera ma vie jusqu'à ma mort.
Tu m'as détruite, je pourrie. Merci.


||S|| ||O|| ||S||

||15 octobre||

Comme l'impression qu'aujourd'hui est mon dernier jour sur Terre.
Comme si j'étais dans le couloir de la mort...
C'est un peu ça finalement, puisqu'aujourd'hui, j'attends de savoir si moi aussi je finirai entre 4 murs.
J'attends. J'attends comme j'ai toujours si bien su le faire, contre mon grè.
Mais je ne tiendrais plus bien longtemps.
Qu'on en finisse !
...ou qu'on m'achève.

Mais bordel combien de temps cela va-t-il encore durer ?
Qui joue avec nous ?
J'attends. J'attends, encore et toujours.
"Longues insomnies. Putain d'infamie."
Journée malgrè cela plutôt productive, une heure ou deux sans penser à rien, l'esprit vide mais de manière positive, permettant de me recentrer un peu, de resourire brièvement.


||S|| ||O|| ||S||

||16 octobre||

.08h50.
"Si vous pouvez rappeler dans une demie heure s'il-vous-plaît."
Non, ça ne me plaît pas, mais est-ce que j'ai le choix ?!
J'attends, encore et encore.
"Count to Six... and Die !" de MM en boucle en attendant...
.09h24.
"D'ici la fin de la semaine..."
Mais moi je vais en crever d'ici là bordel !
Je vais en CREVER putain.
Finalement, je n'étais pas si mal dans le froid de ma bulle. Seule (ou presque), mais au moins sans trahison. Peu à peu, je retourne donc m'y terrer. A regrêts, car j'ai connu de belles choses malgrè tout et rencontré de merveilleuses personnes que j'avais toujours espérées.
Mais je préfère me contraindre à faire demi tour, loin de cette pourriture.
On m'a fait remarquer que celui qui m'accompagnait dans les moments de joies comme dans les moments de peines, mon sens de l'humour à toutes épreuves avait disparu... et que malgrè tout ce que j'ai vécu jusqu'alors, je n'avais encore jamais perdu l'espoir... Jusqu'alors...


||S|| ||O|| ||S||

||19 octobre||

Pardon
d'avoir accepté de te faire lire ceci. Je n'aurai pas dû. Mais pourtant je voulais j'avais besoin que tu sâche, que tu "l'entende". Si j'avais su...
Puisqu'on semble préférer me (nous) laisser me (nous) noyer dans la merde...
Ce soir, je voudrais que ce soit le dernier soir. Merde.
Je n'ai plus rien à perdre puisqu'on m'a tout pris.

"Je sais que c'est le dernier jour sur Terre, nous ne nous dirons jamais aurevoir."
Encore les larmes, mais pour Toi cette fois putain. Ca fait tellement mal. C'aurait pu être une si belle histoire... On s'aidait, on s'aimait. Et maintenant plus que les larmes...
De toutes façons, si ça ne cesse pas très vite, je sauterai.


||S|| ||O|| ||S||

||20 octobre||

Nuit de cauchemar.

"prie pour tes craintes
prie que ta vie ne soit qu'un rêve
la coupure qui ne guérit jamais
prie maintenant bébé, prie que ta vie ne soit qu'un rêve
"
[...]
"everything turns to shit"
J'avais tant envie de vomir cette après-midi, entourée de tous ces gens sans vie qui se croient uniques.
Et tu as eu ces mots... Ces mots qu'il ne fallait pas, qui m'ont marché sur la tête, m'enfonçant,
encore un peu plus bas.
Toi qui savais, pourtant.
Au milieu de toute cette merde, je suis tombée en morceaux.
Soirée, où j'étais vraiment de mauvaise compagnie, où j'ai cru que j'allais enfin toucher le fond.
J'aurai été prête à sauter cette nuit, noyée dans toutes ces larmes, la fumée et l'alcool.
La merde était à son apogée.
Mais
j'ai tenu bon, parce que j'ai promis quelques jours.
Et tu t'es excusé. Tu m'as promis un paradis aux couleurs dont je rêve.
Et j'ai encore pleuré.


||S|| ||O|| ||S||

||22 octobre||

Ni vivante, ni morte.

Je ne vais ni bien, ni mal.
Je ne veux pas crever, mais je n'ai pas envie de vivre non plus.
Alors j'ai trouvé la ma solution, vivre tenter de survivre. Rien de plus.
Trop tard.
"Je m'écarte et me disloque."
On est dans une sacrée merde là !
On finira comment, dis-moi ?


||S|| ||O|| ||S||

||24 octobre||

Des réveils en sursauts cette nuit.
Le froid. La porte ouverte, et mon petit chat encore sans nom qui est parti.
De la peinture, comme du sang.
Ma mère en pleurs chez les flics.
Je vois des gens se débattre autour de moi. Pour moi, pour nous.
Moi je préfère me laisser crever maintenant.
Il y a un trou, une balle en pleine gueule. Quelque chose de cassé.
Je vois des gens se débattre autour de moi. Pour nous, pour moi.
A quoi bon ? On ne peut pas tout réparer !
Moi j'ai décidé de me laisser crever maintenant.
Je fais semblant. Je recrache tout.
Merci...
...d'avoir détruit ma vie...
Le petit minou est revenu :)


||S|| ||O|| ||S||

||25 octobre||

Hier soir j'ai recommencé.
Les pupilles dillatées, l'âme défoncée...
Ca ne sert à rien, je sais. Mais la vie non plus ne me sert plus à rien.
Une heure et quart d'interrogatoire.
Des larmes à l'interrieur.
Huit à dix ans de prison... ?
Une baisse de tension, la tête qui tourne, des tremblements. Etourdissements.
J'essaye de crever, lentement.

Je n'arrive plus à me débattre dans cette merde.
Les petites lueurs d'espoir qui parviennent à filtrer au travers des murs de merde
qui m'entourent ne suffisent pas à me sortir du trou que tu m'as creusé.


||S|| ||O|| ||S||

||26 octobre||

J'ai encore recommencé.
Les pupilles dillatées, l'âme défoncée...
Un peu d'espoir ?...
Quelques étoiles qui brillent ?
Elles essayaient de briller...
Et l'espoir s'est envolé.
Suis-je dans l'erreur ?
Est-ce moi la coupable ?
Pourrais-je les attendre 8 à 10 ans (si je ne les accompagne pas) ?
Vais-je me réveiller ?
Etait-ce inévitable ?
Le pardon est-il imaginable ?
Le pardon, pour quoi ?
Comme l'impression que la roue de secours vient de crever.
Baisse de tension, les articulations qui se coincent.
Je m'en vais, bientôt ,


||S|| ||O|| ||S||

||28 octobre||

Mais moi, je ne souris plus, je ne m'amuse plus, je ne sors plus, moi.
Je ne croyais pas cela possible, mais tout s'effondre de plus en plus autour de moi, en moi.


||S|| ||O|| ||S||

# Posté le dimanche 07 octobre 2007 17:11

Modifié le samedi 08 août 2009 02:49

- 18 novembre - 21 novembre - 25 novembre - 26 novembre - 28 novembre - 30 novembre - 3 décembre - [2007]

||18 novembre||

"[...]
Mais j'ai tout essayé,
J'ai fait semblant de croire,
Et je reviens de loin,
Et le soleil est noir,
Mais j'ai tout essayé,
Et vous pouvez me croire,
Je reviens fatiguée,
Et c'est le désespoir,
[...]
..., j'ai recherché l'oubli,
J'ai refusé la mort, ...
Et j'ai serré les poings pour m'ordonner de croire,
Que la vie était belle,
...
[...]
Et le soleil est noir,
J'entends le glas qui sonne,
Tout là-bas, quelque part,
J'entends le glas sonner,

Et c'est le désespoir,
Je ne ramène rien, je suis écartelée,
Je vous reviens, ce soir, le coeur égratigné,
[...]
Pour que cessent, à jamais, toutes ces déchirures,
Je veux bien essayer,
Et je veux bien y croire,
Mais je suis fatiguée
Et le soleil est noir
Pardon
de vous le dire,
Mais je reviens ce soir,
Le coeur égratigné,
Et c'est le désespoir...
"
- "le Soleil Noir" Barbara -

De retour, après trois semaines "coupée" du monde. Loin de tout, loin de rien.
Entre ses murs inconnus et froids. Loin de tout, loin de rien. Sur les hauteurs de la pureté.
Ca n'allait pas mieux, ni moins bien.
Les rêves ont commencés. Toutes les nuits, parfois plusieurs fois par nuit.
Puis se sont transformés en cauchemars. La Mort, toujours. Je tuais, on essayait de me tuer.
Exactement ça.
Le 6 novembre, j'ai retrouvé le sourire (nerveux ?). Coïncidence ?
Il fallait bien continuer à (sur)"vivre", au moins jusqu'à ce que.
Je pense même que j'avais repris du poids.

Et il y a eu le 16 novembre...
Et encore une fois, le sort s'est acharné. Et encore une fois, on m'a blessée. Encore une fois, je suis tombée. Encore une fois, j'aurai préféré crever. Encore une fois... Et il a fallu que ce soit toi, comme si tu n'en avais pas déjà assez fait petite ordure. Pourquoi je n'ai pas eu l'idée de te crever à ce moment-là ? On est con parfois souvent. J'ai tout de même pensé à tout balancer à cet instant, c'est peut-être ce qui m'a tétanisée ? J'aurai dû me jeter au milieu, quitte à prendre de vrais coups, ça m'aurait peut-être fait moins mal. Et il a fallu qu'ils ne voient rien venir, comme depuis toujours, aveuglés par leur enfermement dans un non-monde de non-vie (râtée ?) et de naïveté exaspérante. Maintenant j'ai encore plus peur la nuit. Je revois tout ce qu'il s'est passé, je réentends tout ce qu'ils ont dit. Toute la violence, toute la peine, toute la haine, tout l'alcool, toute la drogue, toute la folie, toute la rancoeur, toute la tristesse, toute la détresse...
Et puis encore une fois, il a mal réagi. Encore une fois, elle a non-réagi. Comme s'il fallait tout subir, comme une fatalité irréversible. Vous me sortez par les yeux avec votre complaisance dans votre faux élitisme ! C'est moi qui vais tirer une balle dans la fourmilière si vous ne vous bougez pas, et ça fera mal ! Il n'est sûrement pas trop tard, il n'est jamais trop tard...
A quel bonheur ai-je droit ?


||S|| ||O|| ||S||

||21 novembre||

J'ai retrouvé mon appareil photos, caché dans un endroit improbable. Comment, pourquoi ? On dira que c'est un lutin qui m'a fait une blague, tout comme pour mes bagues... Il y avait des photos dedans, des photos qui foutent la honte, des photos qui font sourire, des photos qui rappellent,
des photos qui font mal...
Comme j'ai mal de tout ce qui semble perdu. Mais il paraît qu'il n'est jamais trop tard, pour réparer les erreurs et les blessures, qu'il n'est jamais trop tard, pour ce qui en vaut la peine ?.. Et moi, si j'ai si mal, si je m'accroche à ce point, si je pleurs à chaque mots ou attentions que je déchiffre, c'est que j'y tiens et que ça doit en valoir la peine. Que malgrè tout putain, j'en ai besoin.
Qui pourrait comprendre ça ?
Est-ce nous que je vois là-bas, pendues à ce vieil arbre mort ?


||S|| ||O|| ||S||

||25 novembre||

Bien ri, pas vomi, bien dormi... Mais finalement, ça n'a rien changé. Là j'ai envie de tout péter. Ca allait bien mieux mais vous êtes partis trop tôt. Je ne pensait plus à rien, j'avais même joué du violon, il y avait tellement de brouillard qu'on ne voyait pas à 15 mètres, mais c'était suffisant ! Maintenant je sais que ça ne sert à rien de voir trop loin.
Beaucoup de choses à dire ce soir. Pourtant, merde ! Il est 3h30, je vais recommencer et puis j'irai me coucher... Pupilles dillatées, âme défoncée...


||S|| ||O|| ||S||

||26 novembre||

Pas de rêve cette nuit. Juste un sommeil de plomb, réveillée un peu avant 13h !
Est-ce que tout est réellement détruit ? Est-ce qu'il n'y a pas de solution ? Est-ce qu'on ne peut pas revenir un peu en arrière, ne pas commettre l'irréparable et repartir du bon pied, ensemble, parce qu'on a besoin de nous, main dans la main, même après la trahison, même après ces "longues insomnies, putains d'infamies", même après... Accepter le pardon ? Et s'éloigner du vieil arbre mort au lieu de laisser à la "vie" le pouvoir de couper la corde qui nous y attache...
J'ai pu tellement de fois pardonner, tourner la page, par amour, par amitié, parce qu'on était lié(e)s.
Et si tout n'était pas fini ? Si au contraire, tout allait commencer, recommencer, réparé.
Ca serait facile. Je serai prête, pour ça, j'y serai prête.
Qui peut comprendre qu'on se comprenne si bien ?
Finalement, à force de faire comme si ça allait, on ne sait plus si ça va ou non.
J'ai fini les chocolats. Et ça n'a rien changé, ça ne va toujours pas. Je pleurs quand je lis tout ça,
je pleurs quand j'entends parler de toi.
J'ai cru que j'allais mieux.


||S|| ||O|| ||S||

||28 novembre||

Je sais tout ce qu'ils me disent de sa part. Ca me fait mal. Putain. Je ne supporte plus que tout le monde s'en mêle. Putain je sais, moi aussi j'ai mal. Moi aussi, moi aussi.
Ca fait mal de se souvenir.
Je veux croire qu'il n'est pas trop tard.

Je suis prête à pardonner beaucoup de choses, comme j'ai pu par le passé en pardonner d'impardonnables.
Je veux croire
que j'ai raison de croire qu'il n'est pas trop tard.
J'aimerai retrouver le sourire que j'avais perdu. Le sourire qui était revenu, pour mieux me quitter à nouveau. Pour laisser place à ces putains de larmes, ce besoin de me laisser fondre, de laisser tout exploser. Qu'on me laisse pleurer putain, qu'on me laisse pleurer.
Qu'on desserre ce putain de noeud à la gorge qui m'en empêche.
Mais l'avenir n'est pas plus entre mes mains.


||S|| ||O|| ||S||

||30 novembre||

Comme une tempête qui vient dévaster le peu reconstruit après l'ouragan.
Et je ne peux pas y croire. Je me suis trompée ? Le semblant d'espoir que j'avais s'est envolé.
J'y croyais, mais encore une fois, j'ai dû être trop conne. J'ai mal compris, rien compris.
Je pensais que c'était possible.


||S|| ||O|| ||S||

||3 décembre||

Dans un mois aujourd'hui j'aurai 21 ans... L'âge qui sert à rien ! Encore une année passée trop vite ou dont je n'ai pas assez profitée ? Pourtant, elle fut riche en évênements, dont beaucoup que j'aurai préféré éviter. Qui sait, au cours du mois qu'il reste d'autres catastrophes vont peut-être s'abattrent ?! Je ne suis plus à ça prêt je crois et je ne pense pas qu'un truc pire puisse maintenant me tomber sur la gueule. Je suis préparée. 21 ans, l'âge qui sert à rien, putain quelle merde !


"Baptism by Fire" MARDUK le 4 décembre à Lyon, par moi

# Posté le lundi 26 novembre 2007 12:12

Modifié le jeudi 13 août 2009 10:39

- 7 décembre - 8 décembre - 10 décembre - 12 décembre - 21 décembre - 25 décembre - [2007]

||S|| ||O|| ||S||

||7 décembre||

Merde, 00h59, j'ai l'impression de me sentir plonger, sans avoir où ni pourquoi. J'ai juste besoin de vomir certains trucs, sans nécessairement les expliquer car ce ne sont pas des avis que je cherche.
Je ne cherche rien d'ailleurs.
Je ne voulais pas pourtant je l'ai fait. Maintenant je me rends compte que je m'y enfonce à nouveau. Comme avant. Quelle connerie. Mais c'est ma connerie et c'est sa faute. Alors encore une fois, en pleine conscience... Les pupilles dilatées, l'âme défoncée.
En fait j'ai mal. Putain, tout ce que j'ai besoin de dire et que je ne peux pas. Tout ce que j'aimerai faire. Tout ce qui fait mal à garder en soi.
Ca rime à quoi tout ça ? Ca fait plaisir, un peu, mais comme on est pas libres, ça fait plus de mal qu'autre chose finalement. J'ai tellement de choses prêtes à exploser ! Est-ce mieux que rien ?


||S|| ||O|| ||S||

||8 décembre||

Bon anniversaire, malgrè tout.
J'aimerai que tout soit facile. J'aimerai pouvoir être là et te le dire en vrai. En te prenant dans mes bras. On pardonnerait, on promettrait d'oublier. Toute cette merde. On pourrait pleurer, ensemble, une dernière fois pour tout ça, puis on se promettrait d'oublier, pour pouvoir recommencer, à vivre, sans ces erreurs. Putain. J'aimerai tellement, j'ai besoin de tant de choses. Tout ce que je lis me fait pleurer. T'avais pas à me remercier. Pleurer, encore, parce que je t'aime aussi. Putain.
Mais à force de tourner autour du pot, je crois que je vais gerber à en crever, on va crever. Et la situation actuelle ne mènera à rien ni d'un côté ni de l'autre (enfin si, de notre côté, en taule). Assumer les erreurs, tout faire pour les réparer. Je suis prête à l'y aider, à accepter, à l'accompagner. Parce que la "vie" est loin d'être finie et que je ne veux pas crever de ça. J'aimerai prendre ta main,
si la mienne n'est pas coupée.


||S|| ||O|| ||S||

||10 décembre||

Je ne suis pas nécessaire. La merde peut tout aussi bien me remplacer. Je le vois bien.
J'espère ne pas être qu'un pion. Qu'on m'explique ce putain d'avenir. Qu'on m'explique ce que je vais devenir, ce qu'il va advenir de nous. J'ai au moins le droit de savoir ça. Merde.
Je vous hais, si seulement vous saviez !
Je ne veux pas devoir t'écrire un jour, entre quatre murs "Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu, que tout le temps qui passe ne se rattrape guère, que tout le temps perdu ne se rattrape plus...".

["à Bout de Souffle" de D.SAEZ en boucle pendant six heures]

||S|| ||O|| ||S||

||12 décembre||

J'comprends plus rien. L'impression de grimper les marches d'un escalier deux à deux, chaque jour, et de me casser la gueule d'une... Chaque jour...
Y'a-t-il au moins quelqu'un tout en haut ? Mène-t-il au moins quelque part ? Ce putain d'escalier...
J'sais plus quoi penser, plus je suis. De la lumière, pitié.
J'ai tellement besoin, putain...
Mais l'avenir n'est pas entre mes mains à moi.
Au nom d'une Amitié d'âmes blessées...

Pas un bruit. Je l'ai vue. Le coeur serré, la gorge nouée. Je l'ai vue. Les yeux noyés. Putain comme ça fait mal. Mais je l'ai vue. Petit fantôme, reviens me voir. Pitié. Ca fait si mal. Putain.
Je t'attendrai, contre la vitre, humide...


||S|| ||O|| ||S||

||21 décembre||

.14h20.
Je ne veux pas devoir parler de Toi aussi au passé putain. Tu n'as pas le droit de m'abandonner, pas Toi, pas maintenant, jamais ! Pitié ! Comme j'ai mal putain, comme j'ai mal. Mes yeux me brûlent, je ne vois plus rien. Je pensais t'offrir le paradis. J'ai tellement besoin de Toi si tu savais. Je sais que tu n'y es pour rien, je sais que je dois te faire du mal en disant tout ça parce que tu préfèrerais sûrement être près de moi. Pardonnes-moi ! Pardonnes-moi, mais j'ai tellement besoin de Toi. J'ai besoin de Toi. Je t'aime si fort. J'ai envie d'hurler ton prénom ! Je préfèrerai te rejoindre, où que tu sois, que de vivre sans Toi aussi. Mais pourquoi bordel, pourquoi ? Tu sais, mes deux yeux pleurent, tu sais comme c'est rare, tu sais ce que ça veut dire. J'aimerai tellement croire que je n'ai plus que quelques heures à t'attendre, que ce soir tu reviendras comme les autres soirs... Je le veux. Je vais crever tellement j'ai mal. Putain je vais en crever. J'ai envie de gerber à force de pleurer. Mais comme j'ai mal, comme je tuerai pour te revoir, pour t'avoir près de moi...
Je t'aime si fort putain, si fort !

Joyeux Yule à ceux qui sont concernés !


||S|| ||O|| ||S||

||25 décembre||

Dix putain de jours que mon ange gardien à disparu. Le paragraphe ci-dessus est pour Elle. Mayhem, ma petite Mimie, mes grands yeux... Je ne peux pas croire qu'elle ne sera plus derrière moi à chaque instant, lorsque je sors étendre du linge, quand je monte chercher un livre dans le bureau, pendant que je fais la cuisine, à chaque fois que j'irai chercher le courrier... Toujours à veiller sur moi, comme pour me remercier de les avoir prises dans mes bras et emmenées chez moi, un soir d'été 2006 où il pleuvait, au lieu de les laisser mourir dans le vieux local à poubelles où elles avaient été jetées elle et sa soeur... Reviens mon ange ! Reviens parce que putain, sans Toi...


||S|| ||O|| ||S||

Mayhem (RIP) mon ange gardien & moi février 2007
- 7 décembre - 8 décembre - 10 décembre - 12 décembre - 21 décembre - 25 décembre -

# Posté le lundi 17 décembre 2007 04:37

Modifié le dimanche 30 août 2009 04:35

- 28 décembre - 31 décembre - 2 janvier - 10 janvier - 14 janvier - 16 janvier - 22 janvier - [2007/2008]

||28 décembre||

Pupilles dilatées, l'âme défoncéee...
Encore.
"aux Confins des Ténèbres" de MORTIFERA en boucle...
Envie de crever tellement ça fait mal, ça déchire, ça brûle. Ca tue.

C'est tellement facile et tellement compliqué. Impossible de se raisonner.
Sombrer sans se débattre, en pleine conscience.
A la lueur d'une bougie. Repenser au passé...


||S|| ||O|| ||S||

||31 décembre||

.01h53.

Encore des heures sans pouvoir jeter un mot. Pourtant il y a tant de choses... Il y a Elle qui m'a été enlevée. Il y a Lui duquel je me sens abandonnée, il y a Elle qui m'aide tant et qui rattrape le coup.
Il y a Lui chaque jour un peu plus merveilleux. Il y a Elle...

.03h17.
Quelques timides centimètres de neige viennent de tomber. Enfin ! Je sens venir comme une délivrance. Pourvu que cela dure...

.04h07.
Besoin, envie d'extérioriser tant de choses. Morceaux de passé, moments de réflexion, douleurs jamais dévoilées, joies pas assez savourées... Essayer de n'avoir jamais de regrêt. Voilà des années que je me suis rendue compte les regrêts sont inutiles et empêchent d'avancer. Il est souvent trop tard lorsque ils arrivent. Rien n'arrive jamais pour rien: soit on l'a mérité, soit cela doit nous servir de leçon pour l'avenir, nous forger et nous renforcer.
Se lamenter sur les si seulement... ne mène à rien.
A chaque coup que nous assène la vie, on pense que le prochain pourra nous être fatal. Mais il n'en est rien ! Chaque coup est un peu plus fort, mais jamais assez pour enfoncer le clou jusqu'à la planche. Alors mieux vaut apprendre se cuirasser contre ces heurts incessants, à les parer, ou au moins, à les encaisser afin d'éviter au maximum les dommages colatéraux. Quelqu'un me disait souvent que "ce qui ne tue pas nous rend plus fort". C'est vrai, mais ça ne laisse tout de même pas indemne, et à force d'être blessé...

.05h04.
Encore, putain encore. Accepter de sombrer si facilement. D'avoir voulu y trouver quoi que ce soit. Un réconfort, une punition ? Une condamnation ?... Toujours le même rituel: préparer les ustensiles (les objets du culte ?), allumer une bougie et... Fermer les yeux, respirer un bon coup, une dernière fois, s'abandonner, se laisser envelopper par le venin qui se propage, lentement, sombrer, crever la gueule ouverte, glisser sans chercher à se raccrocher, perdre pieds, percevoir le bruit de la merde qui éclabousse mais ne rien entendre, s'envoler loin de la charogne qu'ils guettent, sentir toute conscience disparaître, ne plus respirer, ressentir chacune de mes cicatrices s'ourvrir et vomir, sentir qu'on pourrait partir,
sentir mon coeur lâcher...
J'avais 14 ans (en 2001). L'année de 3ème était finie, j'étais la seule à devoir redoubler, je venais de râter mon BEPC de 1,5 points. Une soirée pour fêter la fin de l'année scolaire. Première rencontre avec l'une de mes futures compagnes... Psychodysleptiques, shit, extasy, herbe; anxyolitiques, anticonvulsants, sédatifs, myorelaxateurs, anxiolyseurs, Valium, Lexomil; hypnotiques, Stilnox; antidépresseurs, Laroxyl; CC; amphèt'; Poppers; héro.
Fermer les yeux et me laisser sombrer une nouvelle fois, sans rien dire. On fait tous un choix de vie. Moi je me laisse aller à la perte de moi-même Pour le comprendre il faut le vivre. J'ai mes raisons.


||S|| ||O|| ||S||

||2 janvier||

.04h30.

J'ai besoin de Toi. Mais tu n'es pas là.

.05h19.
Tu n'es plus là, mon Ange. J'espère au moins que tu es loin de toute cette merde. Je voulais t'offrir un paradis, mais je suis moi-même en enfer. Je t'Aime.

Je laisse le venin m'apaiser lâchement. Mais juste un peu, pour supporter cette nuit.


||S|| ||O|| ||S||

||10 janvier||

Je me sens tellement seule, et mal. J'ai besoin de Toi qui n'est plus là.
Heureusement que je l'ai Lui !
Mais même si ça fait beaucoup, ça ne fait pas tout.
J'ai envie de pleurer mais dès que les larmes commencent à sortir, je les ravale.
J'ai tellement besoin d'Elle ! Mon Ange, mes anges, et tant d'autres.
Mes larmes me font si mal...


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||14 janvier||

.03h00.

Et encore une fois, je ne sais pas ce que je fous là.
Devant mon PC, sur mon blog, pendant des heures parfois, sans parvenir à cracher quoi que ce soit. Pourtant je m'y accroche. Encore, toujours... Je ne sais m'accrocher ailleurs. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, maintes fois ! Moi qui aime tant écrire, impossible de tenir un journal manuscrit.
Je m'accroche ici, à rien.

J'aime mes parents. Mais ils ne savent pas, ils ne savent rien, ou du moins, pas ce qu'il faut.
Ma mère m'étouffe, depuis un peu plus de 2 ans. Je n'ose rien dire. Je sais que ça ferait plus de bien que de mal pourtant. Mais je sais qu'elle ne comprendrait pas tout. Malgrè ses airs "ouverte d'esprit", elle est tout de même vieux jeu, il y a des trucs auxquels elle est fermée.
J'ai parfois envie de leur cracher en pleine gueule tout ce que j'ai pu vivre sous leurs yeux sans qu'ils ne le voient, mais à quoi bon puisqu'il est trop tard ?! Leur faire du mal à retardement serait inutile !

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||16 janvier||

.02h21.

Rien. C'est bien vrai. Ou plutôt bien l'impression. Comme si j'avais mis ces quelques mois à faire un pas... si douloureux. Dans le vide.
Et je ne peux pas, rester ainsi, en suspension, au-dessus d'un avenir incertain.
"[...] Et le droit Eternel de rester immobile dans le Temps suspendu [...]"


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||22 janvier||

.03h21.

L'impression d'être un "[...] Cadavre Ecorché que lave l'Affreux Silence de ton corps [...]". "[...] Les heures percent mon coeur, autant de lames [...]" Et dans le tiens aussi, je le sais. Moi je ne peux rien faire pour arrêter tout ça putain. "[...] n'Oublie jamais où se terre l'écarlate Vérité [...]"

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# Posté le mardi 01 janvier 2008 20:44

Modifié le dimanche 30 août 2009 04:33

- 24 janvier - 9 février - 11 février - [2008]

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||jeudi 24 janvier||

J'ai vu le ciel par la fenêtre. Il était bleu, les nuages étaient roses. Avec un peu d'imagination, j'me dis qu'ils étaient rouges. C'est ce qu'on voulait, non ? J'attends que le ciel soit violet...

Depuis quelques jours, "Montée là-haut" de Saez en boucle presque toute la journée. Elle me tue, mais après tout, puisque je semble prendre "plaisir" à me faire du mal... Quand on a pris des coups dans la gueule toute sa (sur)"vie", on a du mal à se sentir en vie ailleurs que dans la douleur (physique ou mentale).
C'est pour mon Ange gardien. Mon putain d'Ange, ça fait plus d'un mois maintenant... Mais je peux toujours pas y croire quand je pense à Toi, quand je regarde tes photos, quand je me souviens de tout l'amour qui débordait de tes grands yeux putain. Je comprends pas pourquoi j'suis là moi. Sans Toi, sans Vous mes Anges.
Mes larmes s'arrachent chaque jours à mes yeux. J'en ai plein le coeur. Mais si seulement ça pouvait vous faire revenir. Si hurler pouvait me soulager. Et putain non ! Chaque jour, chaque nuit j'espère, j'attends. Mais quand je regarde à l'horizon, y'a personne. Parce que Tu n'es plus là,
Vous n'êtes plus là...


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||samedi 9 février||

On m'a contactée pour participer une émission télévisée sur le thème "malade à 20 ans". Je ne sais pas. J'hésite. Ca me perturbe, ça me fait peur. Je n'ai pas beaucoup de temps pour réfléchir, ils me rappellent lundi ou mardi et je devrais donner ma réponse.
Est-ce que votre look étrange est une manière de vous rebeller contre votre maladie ou contre vos parents pour leur faire payer votre maladie ? Combien d'animaux avez-vous sacrifiés pour boire leur sang en guise de médicaments ? Avez-vous déjà pensé à profaner une tombe pour récupérer le rein d'un mort et vous le faire greffer lors d'un rituel de messe noire avec vos amis sataniques ?
Ouais, ça pourrait être marrant XD Mais en fait ça sera plutôt basé sur autre chose (même si je ne doute pas que le sujet déviera à un moment ou un autre !).
Qu'est-ce que ça vous fait à 21 ans de savoir depuis une dizaine d'années que vous n'avez que 63% de chance de survivre au-delà de 50 ans avec cette maladie ? De savoir qu'il n'existe strictement rien pour la guérir ? Pourquoi ne faites-vous plus vos examens depuis 3 ans ? Pourquoi ne prenez-vous pas le seul médicament qui pourrait peut-être stabiliser votre maladie ? Pourquoi faites-vous l'inverse de ce que vous devriez faire pour ne pas l'aggraver: ne pas boire d'alcool, ne pas prendre de drogues, manger correctement, ne pas vous fatiguer ?
Parce que de toutes manières il n'y a aucun moyen de me guérir alors entre vivre 35 et 60 ans, je préfère en vivre 35 pleinement que 60 comme une bonne soeur que je ne suis pas !


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||lundi 11 février||

Je ne me suis pas encore décidée. Rien que d'y penser j'ai peur, ça m'angoisse. Je me sens étrangement mal sans savoir pourquoi. Peut-être parce que ça me pousse à réfléchir à ma maladie et à ma façon de vivre. Ca me pousse à regarder en moi, bien au fond, ça me met face à moi aussi peut-être et ça, c'est pas toujours bien facile à gérer. Ca remu au fond. Alors je pense à autre chose, du coup je me décide encore moins... Cercle vicieux ! Je me déciderai au dernier moment, lorsque la production me rappellera aujourd'hui ou demain. Et la décision sera définitive. Monter à Paris (tout frais payés) pour dire aux gens que les malades ne sont pas des bêtes à regarder du coin de l'oeil, que dans la vie de tous les jours on peut cotoyer des gens malades sans le savoir, parce qu'ils ne le montrent pas, parce qu'ils veulent (sur)vivre comme s'ils n'étaient pas malades puisqu'ils n'ont pas demandé à l'être. Je suis sûre qu'il y a des malades qui pensent comme moi (allez merde ! dites-moi que je suis pas la seule à "brûler la vie par les deux bouts" comme m'a dit la femme de la rédaction de l'émission !). Je ne nie pas ma maladie. Je sais qu'elle est là, mais et après ? Est-ce que pour autant je devrais vivre comme une condamnée à l'injection mortelle, attendant fatalement dans le couloir de la mort ?!


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# Posté le jeudi 10 janvier 2008 18:53

Modifié le lundi 24 août 2009 13:17

- 12 février - 19 février - 23 février - 26 février - 28 février - 1er mars - 3 mars - [2008]

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||mardi 12 février||

.01h13.

La journaliste m'a rappelée hier après-midi. Ils veulent faire un reportage sur mon cas en plus de l'émission. Au début j'ai dit que j'étais d'accord, après tout pourquoi pas, mais après réflexion je pense pas que ce soit une bonne idée et puis ça ne servirait à rien. Si je fais cette émission, c'est pas pour exposer ma vie, ma maison, mes parents, mes amis... Il n'y a rien à voir. J'ai rien à montrer, pas de soins quotidiens à faire (et même si c'était le cas, ce ne serait pas un spectacle à montrer au monde entier), ma maladie ne se voit pas mis à part ma "maigreur". Et puis je pense qu'il ne vaut mieux pas laisser entrer ces charognards dans ma vie, il faut que je garde le contrôle sinon ça me fera plus de mal que de bien. C'est à moi d'aller vers eux pour dire ce que j'ai à dire.

.14h07.
Pour ceux qui veulent comprendre ou que ça intéresse, pour faire connaître cette maladie... comme ça sera fait. Voici quelques infos sur ma maladie. Je préviens tout de suite que les messages de pitié je m'en fous et j'en ai pas besoin. Je pleure pas sur mon sort alors j'ai pas besoin que d'autres le fassent. Je suis malade oui, et c'est comme ça. Personne n'y peut rien et c'est une maladie incurable et même si vous vouliez me donner un rein, j'aurai peut-être même pas 20% de chances d'être sauvée. Alors pas la peine d'en chier une pendule. J'ai déjà un peu expliqué ce que j'en pense et comment je le vi à la fin du quatrième article de la page précédente.

La Maladie de Berger (wesh j'suis une bergère XD) fut découverte par le Professeur Jean Berger à Paris en 1966. Son nom complet est glomérulonéphrite (inflammation du glomérule) à dépôts mésangiaux d'IgA, ou plus simplement, Néphropathie à IgA. De nombreuses questions restent encore sans réponse concernant les maladies auto-immunes (troisième cause de décès dans les pays développés) et en particulier concernant la Maladie de Berger. Souvent, une infection respiratoire haute (angine, pharyngite...) est contractée quelques jours avant l'apparition de l'hématurie macroscopique (sang visible à l'oeil nu dans l'urine), caractéristique de la maladie et qui pousse le malade à faire les examens qui mèneront à la découverte de la maladie. Lors d'une infection (quelle qu'elle soit), il y a production d'anticorps censés participer à la destruction de l'agent infectieux. Dans la Maladie de Berger (et dans d'autres maladies auto-immunes) ces anticorps présentent une glycosylation aberrante, qui modifie leurs propriétés physicochimiques: ils auront notamment tendance à se fixer aux cellules mésangiales du glomérule rénal. L'inflammation rénale qui en résulte entraîne des lésions du filtre rénal et une "fuite" des composants du sang vers l'urine, en particulier des hématies (globules rouges).
Cependant, l'infection virale n'est pas toujours la cause de l'épisode d'hématurie: il arrive régulièrement que l'infection responsable de la formation de ces anticorps passe inaperçue et que la maladie soit diagnostiquée bien après, suite à un examen urinaire effectué pour d'autres raisons. Une fois la Maladie de Berger installée, l'hématurie aura tendance à augmenter, jusqu'à devenir visible, à la faveur de toute infection, même mineure. C'est parfois dans une telle situation que cette maladie est découverte chez des patients atteints depuis plusieurs années. A cela peuvent s'ajouter des aspects environnementaux et génétiques. Certains pays sont plus touchés que d'autres comme le Japon, la France, l'Italie et l'Australie. A ce jour, une trentaine de cas de plusieurs personnes d'une même famille ont été répertoriés. Des douleurs au niveau des reins et une asthénie (fatigue intense) peuvent accompagner ces épisodes d'hématurie. Certains patients présenteront une destruction chronique et progressive du parenchyme rénal. Ceux-là risquent d'évoluer vers l'insuffisance rénale. Lorsque le diagnostic pathologique est établi, il existe des traitements spécifiques (corticoïdes) qui peuvent parfois permettre de ralentir la progression de la maladie. Il n'existe aucun traitement curatif de la Maladie de Berger.
Chez les patients évoluant vers une insuffisance rénale terminale, la dialyse en attendant la transplantation rénale est le "traitement" adapté. Le taux de réussite de la transplantation rénale est correct bien que la moitié des patients greffés ne soient jamais totalement guéris.
30% environ des malades connaissent une insuffisance rénale chronique.
Environ 37% des patients atteints de la Maladie de Berger n'y survivent pas au-delà de 50 ans.

Voilà en gros et en clair (enfin j'espère). Pour me situer un peu dans tout ça, je fais parti des rares personnes atteintes de cette maladie qui ont tous les symptomes (insuffisance rénale, hématurie macroscopique, asthénie, douleurs au niveau des reins). Pour le moment (heureusement) je n'ai pas besoin de dialyse. Etant donné que je ne fais plus les examens que je devrais faire tous les deux à six mois depuis environ 3 ans, je ne sais pas où en est la maladie actuellement. Je peux juste la sentir progresser lors des douloureux épisodes d'hématurie.


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||mardi 19 février||

Jeudi 14 j'ai (enfin) pris ma décision définitive d'aller faire cette émission télévisée. Je monterai donc demain à Paris pour l'enregistrement et rentrerai jeudi soir.
La journaliste m'a appelée pour m'expliquer quels seront les autres cas abordés pendant l'émission. Une petite quinzaine: sclérose en plaques, épilepsie stade 3, tumeur cérébrale, tétraplégique, prothèse, cancers divers... A côté de tout ça moi j'ai l'impression que ce que j'ai c'est rien.


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||samedi 23 février||

Je sais que tout le monde attend que j'en parle, mais je ne peux pas. J'y arrive pas.
Pas que ça se soit particulièrement mal passé. Même si ça ne s'est pas tout à fait bien passé. Il y a du bon, et du moins bon.
On m'a transformée, pour ne pas me montrée, crevante.
L'innocence est-elle à blâmer ?
Qui peut comprendre que...
"Puisqu'on est Condamnés"... comme tout le monde.

est cette main, qui me tenait, dont j'ai besoin...


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||mardi 26 février||

.01h49.

Cette fumée qui ne cesse de sortir de ce trou qu'est m'a bouche. Pupilles dilatées, l'âme défoncée. Je n'ai pas envie de pleurer, pourtant je sais que je suis condamnée, que j'en crêverai. Ils ont voulu m'enfoncer ça dans le crâne, et alors ?! Un jour viendra, pour tout le monde. Est-ce que dans toute cette merde, j'ai tout de même envie de garder "l'innocence" ? De croire que la vie peut garder un goût d'éternel. Pupilles dilatées, l'âme défoncée. De toutes façons ils ont choisi. Défoncer la porte qui protégait mon âme ? Pourtant ce n'était pas une porte. Juste un rideau, transparent. Alors ils ont fait du mal sur leur passage, ces charognards. Je ne me voile pas la face, j'ai juste finalement envie de profiter de ce qu'on m'a donné sans me demander mon avis. "Rien ne sert de t'enfuir, je te ratrapperai ! [...] Je serai avec toi, pour le Mal, pour le Bien." Elle a du me le dire un jour, alors je n'essaye même pas. Pas envie de m'exploser moi-même la gueule contre un mur. S'il croient "qu'en fermant les yeux on vivra vieux", ce sont eux les fous.

.02h41.
Bientôt il ne sera plus là. Pour quelques mois d'abord, et qui sait... Qui pourrait comprendre que malgrè tout, les liens du sang peuvent reprendre le dessus, malgrè la haine ? Qui pourrait comprendre que cracher tout ça, pupilles dilatées, l'âme défoncée, ça soulage presque ?


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||jeudi 28 février||

Et moi ? Et moi dans tout ça ?
J'veux m'en aller, j'ai envie d'en crever.
J'ai mal, j'ai peur, mais on dirait qu'on ne me voit pas.


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||samedi 1er mars||

.00h25.
A l'Amour, à la Mort.

On s'est promis, à la vie, à la mort.
C'est sans Toi que je meurs. Ne me demande pas de partir. Ca serait me tuer, nous tuer.
Comme si je m'étais accrochée, acharnée, écorchée... à Toi, pour rien ?

.02h17.
Je n'aurai pas du parler de ma maladie je crois. J'aurai du continuer comme avant, la taire. Comme l'impression que certaines personnes me "fuient" maintenant. Rassurez-vous, c'est pas contagieux (pas comme la connerie !) et j'ai pas besoin de votre pitié (en revanche si vous voulez me filer vos reins...). Ca fait 10 ans et je m'en fou d'elle. Ce sont les autres qui me rendent le plus malade depuis quelques temps. Pourquoi me regarder comme une malade, comme quelqu'un condamné à mourrir ? Oui, et alors ?! N'oubliez pas que de toutes façons, on a tous la même maladie incurrable: la vie, et qu'on en crêvera tous ! Alors allez-y, prenez ! Et mangez en tous, car ceci est mon corps, livré pour vous. "Et m'exploser le coeur, j'en ai plus rien à foutre !"


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||lundi 3 mars||

.21h42.

Il est parti. Enfin parti loin de moi. Pourtant j'me sens pas mieux. Au contraire... J'ai mal, très mal. J'ai envie de pleurer mais pour ça, pour lui j'en ai pas le droit. Je préfèrerai mourir que de pleurer pour lui. Il a demandé à ma mère de me dire aurevoir et tant d'autres choses avec des larmes dans la voix, des larmes pour moi... Elle n'a pas l'air de comprendre que moi je me bats pour ne pas réagir à ça. Elle a l'air émue de savoir tout l'amour qu'il me porte. Ce qui me fait morte...
Comment j'vais faire quand il me faudra trouver les mots pour la consoler lorsqu'il crèvera là-bas ?...

.22h28.
Je tiens à m'excuser auprès des gens que j'apprécie et qui sont sincères avec moi. Ce ne sera pas me manquer de respect que de regarder cette émission chaotique mercredi soir. Peut-être même au contraire, puisque j'ai tenté de me battre pour la faire et que je suis restée fidèle à moi-même, bien qu'ils aient essayé de me "transformer" et de me faire passer pour ce que je ne suis pas.

.23h38.
Je t'Aime tellement
que je serai prête à encore supporter tant de choses... Mais jusqu'à quand ? Pourquoi est-ce que l'avenir ne te fait pas peur, même quand il est incertain ? Est-ce que tu vis dans ton monde intérieur ou est-ce que tu cache en fait une peur plus grande que la mienne ?

.23h45.
C'est tellement facile de s'inventer une vie, mais il y a des gens qu'on ne peut pas tromper tu sais.
"Tu ignores le vide devant toi. Les vertiges et la peur, tu connais pas..."

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moi, septembre 2006. Merci à Feel the Diamon pour ce montage vraiment très réussi.
- 12 février  - 19 février - 23 février -  26 février - 28 février - 1er mars - 3 mars -

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 14:27

Modifié le lundi 24 août 2009 13:20

[ Ca se Discute ]

[ Ca se Discute ]
moi, 20 février 2008 pendant l'émission

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||mercredi 5 mars||

Ce soir, c'est le soir..
Sur France 2 à 22h40 sera diffusée allez-y, l'émission que je suis allée enregistrer à Paris le 20 février.

N'ayez pas honte de regarder cette émission malgrè le mal qu'elle m'a fait. Au contraire ! Si j'ai tenu à la faire, tout en sachant pertinemment que je me donnais en pâture à des charognards affamés, c'est dans le but de faire passer mon message, même si je n'en ai pas tout à fait eu la possibilité, mais aussi pour pouvoir parler de ma maladie qui est méconnue (voir article précédent).

Si j'ai décidé de faire cet article, c'est pour répondre à toutes les questions que les gens qui passent par ici se poseront sur l'émission, afin d'informer et surtout d'établir la vérité sur tous les points.


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mercredi 5 mars 2008 à 22h40: émission en direct

Ca se Discute: malade à 20 ans.

20 ans est l'âge de tous les possibles. La fin de l'enfance, l'entrée dans le monde adulte, celui où on réalise ses rêves d'enfant...
Ce soir, sur le plateau de "Ca se Discute", les invités de Jean-Luc Delarue doivent faire face à une vie d'adulte avant l'âge. Un jour, leur vie a basculé: ils ont appris qu'ils étaient gravement malades. L'annonce d'un cancer, d'une sclérose en plaque ou d'une maladie rare les a fait grandir tout en figeant leurs espérances. Entre la peur de mourir et l'espoir de guérir, ils vivent au jour le jour leur combat contre la maladie. Leur avenir est hypothéqué.
Certains réagissent par la colère, d'autres par l'abattement. D'autres encore se sont découvert une force peu commune. Mais tous ont changé de vie à 20 ans.

Comment prendre son envol alors qu'on a besoin de ses proches comme jamais ?
Est-il possible de trouver l'amour quand on ne supporte plus son corps malade ?
Comment accepter la maladie et peut-être la mort, à l'âge où on se croit immortel ?


Bruno a 20 ans. Il y a 5 mois, il apprend qu'il a une tumeur au cerveau. Depuis sa vie a changé radicalement. Indépendant depuis 3 ans, sa maladie l'a contraint à retourner vivre chez ses parents. Malgré une opération et de la chimiothérapie, son avenir reste en suspens.
A 18 ans, Céline fait une chute de cheval. Depuis elle est paraplégique. Malgré la perte de l'usage de ses jambes, Céline n'a jamais perdu le moral. Sa vie ne s'est pas arrêtée à cause de l'accident bien au contraire. Elle vit comme les jeunes de son âge.
A 21 ans, Vincent apprend le jour de son anniversaire qu'il est atteint d'une sclérose en plaques. Sa maladie le fait renoncer à tous ses rêves. Vincent est incapable de se projeter dans l'avenir car sa maladie est dégénérative. Il se demande s'il va pouvoir se marier, avoir des enfants.
Emilie, 20 ans, est épileptique au stade 3, le maximum de la maladie. La vie d'Emilie tient à un fil. Trop de bruit, trop de lumière, trop de stress pourraient entraîner une crise qui la plongerait dans le coma. Pourtant, Emilie est confiante et ne se laisse abattre.
Mariline (c'est moi XD), 21 ans est atteinte de la maladie de Berger. Cette maladie lui attaque les reins et l'oblige à suivre un régime strict et un traitement médical. A l'âge de 17 ans, Mariline, lasse de ne pas vivre comme tous les jeunes de son âge, décide d'arrêter tout traitement pour profiter de sa vie. Consciente des dangers pour sa santé, Mariline brûle sa jeunesse par les 2 bouts.

En vérité: L'émission n'est pas en direct puisque nous l'avons enregistrée le 20 février. Ma maladie ne m'oblige pas à suivre un régime strict au niveau alimentaire, mais un régime de vie strict (que je ne respecte pas du tout). A l'âge de 17 ans je n'ai pas été lasse de ne pas vivre comme les jeunes de mon âge car j'ai toujours vécu normalement, depuis que l'on m'a découvert la maladie (j'avais une dizaine d'années). Je n'ai jamais arrêté de prendre mon traitement puisque je ne l'ai jamais pris (je le jetais à la poubelle). Par contre, à l'âge de 16 ans environ, j'ai arrêté de faire mes examens et analyses mensuels.


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En vérité, ce que vous ne verrez pas: Lorsque je suis arrivée au studio vers 16h, on m'a d'abord faite passer au maquillage. On m'a mis du fond de teint et beaucoup d'anti-cernes "pour cacher mon teint pâle et mes cernes" dûes à la fatigue causée par la maladie. On m'a mis du gloss de pouffiasse avec un goût dégueulasse et du fard à joues rose "pour me donner bonne mine". Je suis allée aux toilettes pour enlever avec du papier l'anti-cerne et le gloss. J'ai vu une journaliste qui m'a expliqué en détails les questions que Jean-Luc Delarue me poserait. On nous a installé nos micro (le mien coincé dans le lacet de mon corset m'empêchait de m'appuyer au dossier du fauteuil) puis fait prendre place sur le plateau vers 18h et nous avons attendu pendant au moins 30 à 45 minutes que Jean-Luc daigne enfin arriver. Pendant l'attente, un chauffeur de salle stupide a déblatéré des conneries et s'est largement moqué des tenues de certaines personnes du public. Les maquilleurs sont revenus pour nous remettre une couche de peinture que je n'avais cette fois aucun moyen d'enlever. Les techniciens ont fait des essais son et lumière. Un vieux photographe nous a mitraillé. J'ai cherché Doudou des yeux, il était dans le public, derrière moi. Puis ça a enfin commencé. Pendant la diffusion des reportages, des gens nous apportaient de l'eau et les maquilleurs se ruaient rajouter encore et encore du fond de teint, etc. La dernière fois j'en ai vraiment eu marre, j'étais partager entre la colère et la tristesse, à deux doigts d'exploser, l'envie de partir en cassant quelque chose et de pleurer.

En vérité, ce que vous ne verrez peut-être pas: Je dis "peut-être pas" car nous avons enregistré durant plus de 3h et je sais que la diffusion ne durera que 2h10. N'ayant pas vu le montage avant sa diffusion, j'ignore ce qui aura été coupé ou non. Jean-Luc Delarue est arrivé, nous a salué et a commencé à lire sur le prompteur en bafouillant pendant les premières minutes. Ses paroles d'introduction ont littéralement "plombé l'ambiance" et m'ont mis personnellement vraiment mal à l'aise. Puis il m'a faite lever "pour montrer à tout le monde comme j'étais bien habillée" (comme si c'était le sujet de l'émission !). Il avait l'air bizarre et nous avons tous supposé qu'il était sous l'emprise d'une substance étrange. Il m'a plusieurs fois demandé "Mais vous mangez ? Vous êtes sûre que vous mangez ?!", espèrant probablement me faire dire que j'étais anorexique, alors que c'est simplement ma maladie qui m'empêche de grossir. Il a voulu me faire passer pour quelqu'un qui ne sait pas s'amuser sans me bourrer la gueule. Il a essayé de me faire dire que j'avais adopté ce rythme de vie mortellement dangeureux pour ma santé en signe de révolte. Il ne comprenait rien aux vannes que l'on échangeait Doudou et moi lorsqu'il nous interrogeait sur notre couple et ça rendait la situation encore plus cocasse. Lorsque j'ai annoncé que je ferai des examens d'ici quelques temps, il était content comme un gamin à qui on offre un bonbon, croyant que c'était grâce à son émission et à certains invités qui s'étaient plus ou moins acharnés sur moi en insinuant quasiment que j'étais complètement conne de profiter de la vie, alors que j'avais décidé plus d'une semaine avant de faire prochainement ces analyses. J'en avais marre de voir des gros plans sur ma tronche. Je cherchais tous les moyens pour tenter de cacher mes grandes oreilles toutes rouges derrière mes cheveux. A chaque gros plans je voyais mes yeux qui brillaient. Jean-Luc a dit que j'avais l'air émue, c'était juste que j'ai très souvent les yeux qui brillent...

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.22h45.
L'émission vient de commencer. J'étais complètement stressée depuis environ trois heures (bien plus que le jour où j'étais sur le plateau pour l'enregistrement !). Ouf, ils ont coupé le passage où Jean-Luc m'a faite lever "pour que tout le monde voit ma belle robe" (qui n'était d'ailleurs pas une robe ! les mecs n'y connaissent rien XD). J'ai une voix vraiment pourrie ! J'ai une grosse tête, on dirait que je suis bouffie, avec des joues de hamster ! J'ai la confirmation quand je me vois filmée de profil que mon nez est moche. Par contre il y a un truc que j'aime vraiment, c'est mes cheveux ! Pinaise quand je me vois filmée de dos, j'ai envie de me sauter dessus quoi ! Le gloss de pouffiasse qu'ils m'ont tartiné sur la bouche me donne l'impression d'avoir la rage, la bave aux lèvres ! C'est dingue on dirait vraiment que je n'ai pas de cerne ! Ils ont vraiment du me mettre une sacrée couche de fond de teint et d'anti-cerne pour qu'on ne les voit pas. Je me marre trop en entendant les vannes qu'on s'est envoyées avec Doudou (comme à notre habitude !). Han comme il est beau mon Doudou ! Avec tout le fond de teint qu'ils lui ont tartiné sur la face à lui aussi, on dirait qu'il a une peau parfaite, ce qui est loin d'être le cas. On voit mes grandes oreilles toutes rouges au bout qui sortent de mes cheveux, malgrè mes tentatives pour les cacher :S Un gros plan sur mon badge de l'anti AMFP, merci cameraman ! Pinaise mes cheveux sont trop beauuuux XD Il faut absolument que j'arrête de lever les sourcils quand je parle, c'est affreux ! Je m'étais jamais rendue compte que je le faisais aussi souvent :S "Je vais pas centrer l'émission sur vous Mariline mais..." mais pourtant c'est un peu ce qu'il a fait du début "Bonjour Mariline" à la fin "Merci Mariline" ! Les autres invités idevaient sentir mauvais XD

.00h50.
Fin de l'émission. Maintenant tout le monde connaît mon prénom :( Moi qui je m'appliquais pourtant à le garder secret depuis que j'ai fait mon premier blog (non pas que j'en ai honte, au contraire !). Ils ont coupé pas mal de choses, forcément. Certains invités doivent être très déçus car ce pour quoi ils étaient venus faire l'émission a été coupé ! Contrairement à ce que j'appréhendais, je me sens mieux après l'émission :) J'en reparlerai plus tard pour avoir un peu de recul (donc dans le prochain article).

Rediffusion de l'émission le dimanche 9 mars à 01h.

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Si quelqu'un sait où trouver la vidéo de l'émission sur Internet, je pourrais la mettre sur l'article.

J'ai été contactée par quelques personnes suite à l'émission. Une maman d'une trentaine d'années, qui voulait m'encourager et quelques personnes ayant la même maladie que moi: nous discutons sur MSN, c'est la première fois que je "rencontre" des gens "comme moi".

"Marrant" les gens ne me parlaient plus depuis plusieurs mois, et qui reviennent me parler
comme si de rien était après la diffusion de l'émission...

Un morceau de l'émission ici.

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# Posté le vendredi 25 janvier 2008 19:58

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 06:19

[ Il y'a des jours qu'on oubli pas ]

[ Il y'a des jours qu'on oubli pas ]
moi mars 2008
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Il y a ces choses que j'ai besoin de cracher.
Je ne les avais pas occultées. Je ne les ai pas oubliées. J'attendais juste de pouvoir en parler.


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Il y a eu la soirée du 29 décembre 2007.
Des jours et des nuits passés à se demander si oui ou non on irait. Décider au dernier moment d'y aller, pour lui, pour elle. Arriver sur place, pleurer dans la voiture. Devant la porte, faire les cent pas pendant un quart d'heure. Appréhender le regard des gens sur lui, sur moi. Sur nous trois. Entrer ? Rester dehors ? Rentrer à la maison ? Le prendre dans me bras et tenter de le rassurer, pour me rassurer. Trembler de froid et de peur. Pousser la porte, espérer qu'on ne me sautera pas dessus, qu'on me laissera un peu respirer avant. Piétiner. Payer, ne pas payer ? Je n'écoute rien. Je l'apperçoie. Non, ils payent pas, y'a pas moyen qu'ils payent. Je me cache derrière mes cheveux. J'aimerai être invisible... J'espèrai qu'il y aurait plus de monde, que je pourrai me "fondre dans la masse". Chercher des points de fuite. Les marches. On se jette sur moi pour me dire bonjour et ça me fait chier. Le bas des marches. Ecouter tout ce qu'on me dit sans entendre. Elle est là. J'essaye de ralentir le temps. Je me sens comme dans une autre dimension où j'aimerai pouvoir échapper à tout. Mais c'est la réalité. Et puis on fond en larmes, dans les bras l'une de l'autre. Merci, merci...
J'aurai tellement voulu plus. Mais il y a les autres... On échange quelques mots à plusieurs reprises dans la soirée, des mots qui ne servent à rien, mais des mots, qui font du bien. Soirée à parler musique, à écouter sans vraiment entendre, ma bouteille de vin blanc dans la poche, clope sur clope. Et puis il a fallu partir. Avoir peur. La chercher, se dire aurevoir. Jusqu'à quand ?...
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Il y a eu la nuit du 31 décembre 2007.
Beaucoup d'alcool. Des étoiles partout. Insouscience. Puis premier shoot. Je tombe sur le sol après m'être explosée la tête contre un mur. Aucun souvenir. Encore un shoot. Encore un. Carresser mes cheveux et refaire le monde. Pupilles dilatées, l'âme défoncée. Vomir à en boucher la baignoire.


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Il y a eu la soirée du 15 février.
Monter à Tours pour un bon week-end annoncé. Quelques verres. Un bon début de concert, quelques verres. Des cris, des coups. Des souvenirs qui remontent. Du sang. Quelques verres.


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Il y a eu la journée de 20 février.
Prendre le TGV direction Paris. Ecouteurs sur les oreilles, encore cette chanson en boucle.
Depuis que T'es montée là-haut, je ne passe pas un jour sans espèrer et guetter ton retour. Pas un jour sans me rappeler tes grands yeux qui me promettaient d'être toujours là, à veiller sur moi. Moi qui y croyais si fort, sans penser qu'on pouvait, Toi aussi, t'arracher à moi.
Je sais bien que Tu es toujours là, quelque part, de toutes tes forces. Mais ça ne suffi pas à apaiser la douleur et le manque. Et je m'en veux Tu sais, parce que je ne suis pas la plus à plaindre finalement. Moi je peux monter te rejoindre, mais Toi, j'aurai beau t'attendre, Tu ne redescendras pas...
Je dois te faire tellement de peine à chacune de mes larmes. Et ça me fait encore plus mal.

J'n'avais pas demandé à venir au monde, mais je suis là. On m'a dit que j'étais malade, que ça me ferait crever, que je suis condamnée... Et alors ? Pas plus que tous ces gens qui m'entourent !
Plutôt crever maintenant que de vive à moitié.


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# Posté le jeudi 14 février 2008 18:59

Modifié le lundi 24 août 2009 13:21