||dimanche 9 mars||
.09h31.
Les choses pourraient être tellement simples. Oui mais voilà, elles ne le sont pas.
J'aimerai tellement sombrer complètement. Ca serait tellement plus facile ! Je suppose qu'il faut se réjouir du fait qu'il y ait des choses qui m'en empêchent. Pourtant il suffirait d'un rien.
Pourtant malgrè tous ces coups violents...
.23h12.
Je suis en train de me détruire je le sais bien. Je saurai tout juste dire si je suis en vie ou non. Doit y avoir autre chose. Mais où ? Quand on s'est trop enfoncé, c'est tellement facile de se laisser emporter ! C'est comme un bruit silencieux, un truc qui rend fou. Depuis des mois le meilleur semble ressembler au pire. Et le pire est partout. C'est comme si je marchais à genoux: avancer lentement et douloureusement. J'aimerai que le futur soit un jour et que ce jour soit demain.
Il n'y aurait qu'à fermer les yeux et attendre qu'ils s'ouvrent à nouveau.
||lundi 24 mars||
.03h26.
Pupilles dilatées, l'âme défoncée... "Sweet Dreams" de Manson en boucle.
Ca fait une éternité que j'avais pas écouté cette putain de chanson. Je ferme les yeux. Tant de souvenirs qui remontent... Ces longues après-midi avec eLLe et ces gens de mon passé, en seconde. A picoller, se défoncer le crâne, à fixer le plafond en chantant... Sweet dreams are made of this .Who am I to disagree ? I travel the world and the seven seas. Everybody's looking for something... Pupilles dilatées, l'âme défoncée... Oui, les doux rêves sont faits de ça. Et c'est si beau, si doux de se laisser couler, de se sentir plonger. De se sentir comme morte. Le coeur à cent à l'heure.
Parfois cette époque me manque. L'insouscience du lycée, l'ambiance des ces années-là. Parfois j'ai l'impression que c'est si loin, et si proche à la fois. Que c'est allé si vite.
||mercredi 26 mars||
.08h06.
Je regarde quelques photos que ma mère m'a envoyées de moi enfant. Je crois que tout ça me manque. Cette époque où ma mère me fabriquait des petits bonhommes pour décorer ma chambre, des dessus de lit avec des oursons, cette époque où je parlais à mes peluches et où je n'avais pas tant de choses qui me pourrissaient la vie... Oui, tout ça me manque terriblement. Peut-être parce qu'alors tout était plus simple. Pourtant déjà, ma vie était déjà loin d'être un compte de fées...
.11h59.
Je ne parle quasiment jamais de mon père. Pourtant j'en ai un et mes parents ne sont pas séparés (d'ailleurs le 29 mars ça fera 22 ans qu'ils sont mariés !). C'est juste qu'il a été bien souvent absent (à cause de son travail) dans les premières années de ma vie, et que le reste du temps, il n'a jamais vraiment été là comme un père. J'ai souvent cru que je ne l'aimais pas. Ses rares attentions à mon égard était neutres voir froides, violentes ou maladroites.
||vendredi 25 avril||
.01h28.
Il y a ces cris qui résonnent dans ma tête. Et ceux qui n'ont pas existés. Ceux qui auraient pu tout changer. Ces cris qui ne seront jamais poussés. Ces mots troubles. Il y a ces marques du passé, comme des souvenirs. Il y a le passé, qui jamais ne passe. A quoi bon, quand c'est ce qui fait vivre. Ou survivre.
Il y a ces gestes qu'on oubliera jamais. Allumer une bougie... Ces évasions de perdition, qui sont toujours les mêmes, différentes. Les tremblements, les crises, le venin. Celui qui fait jouir les pupilles et empoisonne l'âme. La marche qui recommence, les palpitations. Les tremblements. La peur. On lutte. Pour la chute, parce qu'au fond... On enfonce cette aiguille, cette petite mort. Parce qu'on sait que c'est éphémère. On murmure. Parce que plus rien n'a de hauteur. Les gestes sont longs, saccadés, pénibles. L'espace n'existe plus. Il ne reste que le silence, sourd.
Alors je vais me coucher, pupilles dilatées, l'âme défoncée...
||jeudi 8 mai||
.0h44.
Je voudrais que tu te rappelles, notre amour est éternel et pas artificiel.
Je voudrais que tu sois là de temps en temps.
Finalement, c'est pire comme ça.
.02h01.
J'aimerai pouvoir hurler retiens-moi, si tu peux refermer la blessure qui me tient à la vie, et le mal qu'on se fait, et les coups de couteaux qui transpercent, et les plaies du silence, et la nuit qui fait pleurer mon âme, et la mélancolie. Dis-moi quand ça finit. Les pouvoirs et les vents qui me poussent et qui m'attirent, quand le coeur ne ressent que l'envie d'en finir. Dis, quel est le chemin ?
||samedi 10 mai||
.17h31.
J'sens comme un truc qui s'éteint, lentement.
J'espère que ce n'est pas Nous...
||mercredi 28 mai||
.02h35.
Les marques sont revenues. Ces la[r]mes m'évitent au moins de taper dans les murs.
.02h53.
Je me demande si la douleur pourrait paraître belle aux yeux de ceux qui ne la connaissent pas ?
Le temps si fuyant passe lentement.
Je vois le trou au bout des étoiles. Hypoxia.
Qui peut voir les cendres autour de moi ? Cette poussière de souvenirs qui vole. Cette mort qui se propage. Ce chemin à jamais marqué, comme un dommage collatérale indélébile. On aura beau pleurer, tenter de laver comme avec la pluie... même la plus rouge. Le mal se nourrira toujours de ma vie, écorchant. Ne laissant traîner que les lambeaux. Oui, la vie est une blessure, elle écorche la plaie incurrable. Comme un poison, qui pique mais qui ne soigne pas, qui brûle.
A lack of oxygen, break or bend, weakened from the trends that rape and burn the world...
.03h21.
Le froid m'enveloppe lentement, pendant que les minutes s'envolent. Pendant que le venin m'envahie. Par la volonté, l'envie inconsciente d'auto-destruction. Des spasmes, mais pas de juissance. Pupilles dilatées, l'âme défoncée...
||jeudi 5 juin||
.03h09.
J'enchaîne les clopes. Je tousse. Je pense. J'ai peur. Je me nourri d'un empire de cendres et de miettes en m'interdisant de penser à demain aujourd'hui. Mon corps est encore couvert de maquillage et de sang séché. J'ai du mal à contrôler mes tremblements. Je suis en manque, de tant de choses... Je voudrais écrire toute la nuit, échapper à ses heures blanches pleines d'idées noires dans le lit froid. L'alcool ne fait rien et le cendrier est plein.
||samedi 7 juin||
.05h33.
Ici, c'est comme un exutoire, comme un seau dans lequel je gerbe, et non un panier à provisions dans lequel on peut prendre la liberté de piocher ce sur quoi on va pouvoir cracher, ce qu'on pourra sâlir. Je ne raconte pas ma vie ici. Je vide juste le tiroir à émotions, à sensations, à sentiments. Ici il n'y a que mon coeur et mon âme. Si je n'ai rien à dire, je ne dis rien. S'il n'y a rien qui soit si fort que ça doive sortir ici, alors je ne dis rien. Je hais et j'aime, je détruis et je créé, je veux et je refuse, je tente ou je crève, j'attends ou j'enfonce les portes, j'essaye, même vainement, de me délivrer d'un mal ou je m'emprisonne, je déçois, ou je plais, je pleure, je vomi ou je ri, je veux malgrè tout, je me bats, j'essaye ou je renonce, j'ai mal et je me défonce pour oublier, je m'enfonce ou je prie, je rêve, je crois, j'espère... Je ne demande à personne de tenir la corde si jamais je tombe. Je choisirai de vider le cendrier lorsqu'il sera plein, ou bien je laisserais s'accumuler les cendres, parce qu'à force de vivre au milieu, on fini par s'y attacher, même si c'est sale. Parce que chacune à un nom. Et si je crâme mon âme, et si j'aime saigner, accrochée à moi-même, parce que je n'ai que ça ? Et si j'aime m'évader, et si j'aime que ça monte. Et si j'aime me faire mal parce que je sais au moins qu'il en reste ? A chacun son abysse. Qu'on se livre ou pas, qu'est-ce que ça change ?